Comment arroser correctement un jeune arbre ?

Questions-réponses - Le 23 janvier 2020


Face aux fortes chaleurs, le plan d’arrosage des collectivités doit garantir à la fois la survie des jeunes arbres et la pérennité des aménagements paysagers.

En effet, pour que les arbres jouent parfaitement leur rôle de régulateur climatique, ils doivent bien s’implanter. Une fois installés ils sont plus tolérants au manque d’eau mais les premières années sont cruciales.

Il existe des méthodes simples, efficaces et rationnelles sur les plans financier et humain pour qu’un arbre devienne autonome en eau dès la troisième année de plantation et survive plus tard aux épisodes de sécheresses récurrents.

Appliquer la méthode de la « cuvette »

Le plus pratique et efficace est de confectionner une cuvette, dont le diamètre est supérieur à celui de la motte (environ 10 à 20 cm de plus). La cuvette, bien entretenue doit durer de 
6 mois à 2 ans et la pose d’un drain plastique n’est pas nécessaire.


Veiller à administrer les bons volumes d’eau

Soigner le premier arrosage : il doit être généreux, sans inonder, afin que les particules de terre collent à la motte et pour éviter la formation de trous d’air.

Les quantités d’eau apportée doivent être progressives et non systématiques. Tout dépend de la nature du sol (sable, argile…), du climat (zone venteuse, en pente…).

Prenons l’exemple d’un arbre de force 20/25, peu importe l’essence dont il est question.
• Année 1 : 50 à 100 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant l’humidification de la motte ;

• Année 2 : 125 à 175 L d’eau/arbre/arrosage ;

• Année 3 : 150 à 200 L d’eau/arbre/arrosage, en privilégiant la périphérie de la motte car les racines sont supposées se développer au-delà.

Respecter les fréquences d’arrosage

Favoriser l’enracinement au-delà de la motte de départ, c’est tout l’enjeu de la bonne reprise de l’arbre.

Privilégier 6 et 8 interventions par an. L’objectif est de forcer les racines à chercher l’eau en profondeur afin d’assurer un bon ancrage du sujet planté. Des arrosages en petite quantité et assez fréquents ne font que favoriser le développement des radicelles en surface.

Pour ajuster les quantités et les périodes d’arrosage, les tensiomètres et les dispositifs basés sur la colorimétrie du feuillage sont de plus en plus utilisés.

Il faut également ne pas oublier d’arroser le feuillage des persistants. C’est ce qu’on appelle le « bassinage matinal », qui permet de diminuer efficacement l’évapotranspiration des feuilles et d’augmenter les chances de reprise de l’arbre de plus de 50 %. Il ne faut pas attendre que les feuilles flétrissent pour arroser et bassiner car il est déjà trop tard et l’arbre ne pourra plus retrouver son état initial.

L’arrosage des arbres est une intervention essentielle, si ce n’est la principale, pour assurer la pérennité des ouvrages paysagers, contribuant ainsi, par leur abondance végétale, à rafraîchir l’air ambiant. Arroser aujourd’hui est un investissement pour le climat de demain !
Ainsi il faut réfléchir à l’intérêt de l’anticipation pour pouvoir arroser préventivement avant d’éventuelles périodes de sécheresse et de restrictions d’arrosage. Dans tous les cas, les professionnels du végétal sont à même d’apporter conseil et soin nécessaires aux arbres.

Source : Espace public et paysage – Novembre 2018 – « Arrosage des jeunes arbres : les conseils des pépiniéristes » - www.espacepublicetpaysage


photo © VAL'HOR / Les Victoires du paysage